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Contester une assemblée générale de copropriété à Toulon : protéger vos droits de copropriétaire

Dans les copropriétés de Toulon et du Var, les décisions prises en assemblée générale ont un impact direct sur vos charges, vos travaux, vos droits de jouissance (parkings, jardins, terrasses, clôtures, etc.). Lorsque ces décisions sont irrégulières ou portent atteinte à vos intérêts, la contestation judiciaire est parfois le seul moyen de rétablir vos droits

Cette démarche est encadrée par des règles strictes (loi du 10 juillet 1965, décret du 17 mars 1967, jurisprudence de la Cour de cassation), et surtout par un délai très court de 2 mois pour agir

 

L’accompagnement par un avocat en droit immobilier est alors déterminant.

1. Dans quels cas contester une assemblée générale de copropriété ? 

On distingue deux grandes catégories de situations :

1.1. Irrégularités de convocation ou de tenue de l’assemblée 

Plusieurs vices de forme peuvent justifier une action en nullité :

  • Convocation irrégulière

    • Non‑respect du délai légal de convocation (21 jours aujourd’hui, hors urgence ou cas particuliers) : la Cour de cassation a jugé que l’inobservation du délai légal entraîne la nullité de l’assemblée, au moins pour les décisions contestées. 

    • Convocation envoyée par un syndic dont le mandat est expiré : l’assemblée générale peut être annulée. 

    • Absence de convocation ou convocation adressée à une mauvaise adresse : la composition de l’assemblée est irrégulière, ce qui entraîne sa nullité.

    • Convocation hors de la commune de situation de l’immeuble (par exemple une AG de copropriété toulonnaise tenue à Marseille sans clause du règlement de copropriété l’autorisant) : motif d’annulation. 

  • Documents obligatoires manquants
    Certains documents doivent être joints à la convocation « pour la validité de la décision » (comptes, budget prévisionnel, annexes, projets de résolutions, etc.). Leur absence peut entraîner la nullité des décisions concernées. 

  • Irrégularités de composition et de vote

    • Mandats de vote (« pouvoirs ») irréguliers : absence de signature, dépassement du nombre de mandats, mandat donné à une personne interdite (syndic, conjoint du syndic, préposé, etc.). 

    • La Cour de cassation juge que la participation irrégulière d’un mandataire entraîne la nullité de l’assemblée, même si son vote n’aurait pas modifié le résultat. 

    • Non‑respect des règles de désignation du président de séance et des scrutateurs, ou assemblée présidée par le syndic : cause de nullité. 

1.2. Décisions elles‑mêmes contestables 

Même si la procédure a été régulière, certaines décisions peuvent être attaquées :

  • Une décision est définie par la jurisprudence comme une question soumise à la délibération de l’assemblée et sanctionnée par un vote. 

  • Ne sont pas des décisions au sens de l’article 42, alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1965 : un simple « donné acte », un rappel de la loi, un accord de principe imprécis ou une simple consultation sans vote. 

Peuvent être contestées, par exemple :

  • Des travaux votés sur des parties privatives ou sans respecter la majorité requise. 

  • Une répartition de charges non conforme au règlement de copropriété. 

  • Une décision portant atteinte aux modalités de jouissance de vos parties privatives (clôtures, terrasses, stationnement, etc.).

Attention : si une telle décision n’est pas contestée dans les 2 mois, elle devient définitive, même si elle est irrégulière ou porte atteinte à vos droits sur vos parties privatives. 

2. Qui peut contester une assemblée générale ou une décision d’AG ? 

L’article 42, alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1965 réserve en principe l’action en contestation aux :

  • Copropriétaires opposants (ceux qui ont voté « contre » la résolution) ; 

  • Copropriétaires défaillants (absents ou non représentés au moment du vote). 

La jurisprudence apporte des précisions importantes :

  • Le copropriétaire présent à l’AG mais absent au moment du vote (ou dont le mandataire est parti avant le vote) est considéré comme défaillant et peut agir. 

  • Le copropriétaire qui s’est abstenu est, en principe, irrecevable à contester, sauf circonstances particulières (abstention assortie de réserves formelles ou manifestant clairement une opposition). 

  • Tout copropriétaire (et pas seulement celui représenté par pouvoir) est recevable à contester l’irrégularité d’un mandat de vote et, par ricochet, l’assemblée. 

3. Le délai de 2 mois : une forclusion impérative 

3.1. Point de départ du délai 

Les actions en contestation des décisions d’assemblée doivent, à peine de déchéance, être introduites dans les 2 mois suivant la notification du procès‑verbal par le syndic. 

  • La Cour de cassation a jugé que le délai court à compter du jour de la présentation par les services postaux de la lettre recommandée contenant le procès‑verbal. 

  • En application de l’article 64 du décret du 17 mars 1967, la notification par lettre recommandée avec AR fait courir le délai de 2 mois même si la lettre ne parvient pas effectivement au destinataire, cette règle étant jugée compatible avec le droit d’accès au juge. 

3.2. Nature du délai et effets 

  • Ce délai de l’article 42, alinéa 2, est un délai de forclusion : passé 2 mois, l’action est irrecevable, et la décision devient définitive et s’impose à tous les copropriétaires. 

  • Une assignation en justice dans le délai interrompt ce délai pour toutes les demandes « virtuellement comprises » dans la demande initiale (par exemple, une demande principale d’annulation de l’AG dans son ensemble couvre une demande subsidiaire ultérieure d’annulation de certaines résolutions seulement). 

4. Que peut‑on demander au juge ? 

4.1. Annulation totale ou partielle 

Devant le tribunal judiciaire (compétent à Toulon pour les copropriétés situées dans son ressort), plusieurs types de recours sont possibles :

  • Annulation totale de l’assemblée générale

    • En cas de vice grave affectant la convocation, la composition ou la tenue de l’assemblée (absence de convocation d’un copropriétaire, pouvoirs irréguliers, tenue hors de la commune sans clause l’autorisant, etc.).

    • L’annulation produit ses effets à l’égard de tous les copropriétaires.

  • Annulation ciblée de certaines décisions seulement

    • La Cour de cassation admet qu’un copropriétaire irrégulièrement convoqué peut demander l’annulation des seules décisions auxquelles il s’est opposé, sans faire annuler toute l’assemblée. 

    • Cette approche permet de limiter les effets de la nullité et de ne pas paralyser la copropriété. 

4.2. Effets pratiques pour le copropriétaire 

En cas de succès de l’action :

  • Vous pouvez être délivré de certaines charges mises à votre charge en exécution d’une décision annulée (par exemple, des travaux décidés à tort sur vos parties privatives).

  • Le syndicat peut être condamné à vous verser des dommages‑intérêts en cas de préjudice avéré (préjudice moral, financier, perte de jouissance, etc.). 

En revanche, si vous n’avez pas agi dans les 2 mois, vous ne pourrez plus remettre en cause la décision, même si elle est irrégulière, et le syndicat ne pourra pas être tenu pour responsable de son exécution. 

5. L’accompagnement d’un avocat en droit immobilier à Toulon

Face à la technicité des règles issues de la loi du 10 juillet 1965, du décret du 17 mars 1967 et d’une jurisprudence abondante, l’intervention d’un avocat en droit immobilier est essentielle pour :

  • Analyser le procès‑verbal d’AG, la convocation, les pouvoirs, le règlement de copropriété et identifier précisément les irrégularités ou les décisions contestables au regard de votre situation à Toulon ou dans le Var. 

  • Vérifier votre qualité pour agir (opposant, défaillant, absent au moment du vote, abstention assortie de réserves, etc.). 

  • Sécuriser le respect du délai de 2 mois en rédigeant et en faisant délivrer une assignation valable devant le tribunal judiciaire compétent. 

  • Déterminer la stratégie la plus adaptée : annulation totale de l’AG ou annulation ciblée de certaines résolutions, demande de dommages‑intérêts, articulation avec d’autres contentieux (charges, travaux, responsabilité du syndic…). 

6. Agir rapidement : votre recours contre une AG de copropriété à Toulon

Si vous estimez qu’une assemblée générale de votre copropriété à Toulon ou dans le Var s’est tenue dans des conditions irrégulières, ou que certaines décisions portent atteinte à vos droits ou à vos charges, le temps est compté : vous ne disposez que de 2 mois à compter de la notification du procès‑verbal pour agir. 

Un examen juridique rapide de votre dossier permet de :

  • Identifier les vices de convocation, de tenue de séance ou de vote exploitables ; 

  • Vérifier immédiatement la date de départ et l’échéance du délai de contestation ; 

  • Mettre en œuvre, si nécessaire, une action en nullité devant le tribunal judiciaire compétent. 

Pour sécuriser vos droits de copropriétaire à Toulon, faire respecter le règlement de copropriété et éviter que des décisions irrégulières ne deviennent définitives, il est essentiel de vous faire assister sans délai par un avocat en droit immobilier rompu au contentieux des assemblées générales de copropriété

Vous souhaitez en savoir plus ? Retrouvez nos analyses et conseils pratiques dans nos articles.

Maître Sofian GARA-ROMEO
Avocat en droit immobilier et urbanisme à Toulon

Litiges immobiliers, copropriété, urbanisme à Toulon : faites valoir vos droits.

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