Ma maison prend l’eau : que faire ?
- 6 mai
- 9 min de lecture
Taches d’humidité, plafond qui goutte, infiltrations après la pluie, moisissures qui apparaissent… Lorsqu’une maison ou un appartement prend l’eau, la situation peut rapidement devenir angoissante.
Au-delà des dégâts matériels, ces désordres peuvent révéler des malfaçons de construction, un défaut d’étanchéité, un vice caché ou encore un problème relevant de la copropriété.
À Toulon et dans l’ensemble du Var, les infiltrations d’eau sont une source fréquente de litiges immobiliers et nécessitent souvent une réaction rapide afin de préserver les preuves et engager les bons recours. Assurance, expertise, responsabilité du constructeur ou du vendeur : voici les réflexes à adopter pour protéger efficacement vos droits.

1. Garder son calme et constater précisément les dégâts
Dès que vous découvrez des infiltrations ou un dégât des eaux (taches d’humidité, peinture qui cloque, eau au sous-sol, traces sur les plafonds, odeurs de moisi…), il est essentiel de :
Repérer toutes les zones touchées : murs, plafonds, sols, menuiseries, placards, installations électriques, etc.
Noter les dates et circonstances : après un orage, une fuite de canalisation, une remontée de nappe phréatique, etc.
Vérifier s’il y a un risque pour la sécurité (électricité, plafond qui se déforme, façade qui s’effrite, sous-sol inondé) ; si oui, prenez sans attendre des mesures conservatoires raisonnables (couper l’électricité, protéger les meubles, ventiler, limiter la propagation de l’eau).
Cette première phase d’observation sera très utile pour votre assureur, mais aussi en cas d’expertise ou de procédure judiciaire.
2. Réflexe immédiat : preuves, photos et documents
Pour défendre vos droits, il faut constituer un dossier solide le plus tôt possible :
Photographier et filmer tous les désordres, sous plusieurs angles, avec dates si possible (paramètres de votre téléphone, envoi par e‑mail, etc.).
Conserver les factures de travaux récents (construction, rénovation, changement de fenêtres, toiture, salle de bains, etc.).
Rassembler les documents de la vente (acte notarié, diagnostics, éventuelles mentions de « dégât des eaux actif », procès-verbaux d’assemblée de copropriété, rapport d’expertise antérieur).
Lister les conséquences concrètes : impossibilité d’utiliser une pièce (cuisine, chambre, bureau au sous-sol), détérioration de meubles, perte de jouissance.
Plus les preuves sont précises, plus il sera facile de faire reconnaître que les dommages rendent le bien impropre à sa destination (par exemple, un sous-sol aménagé en bureau ou cuisine qui ne peut plus être utilisé en raison des inondations).
3. Déclarer le sinistre à votre assurance habitation
En cas de dégâts des eaux Var (Toulon, Hyères, La Seyne, Draguignan…), votre premier interlocuteur est souvent votre assureur multirisques habitation :
Respectez le délai de déclaration prévu au contrat (en pratique, souvent 5 jours ouvrés à compter du sinistre ou de sa découverte).
Envoyez une déclaration écrite (lettre recommandée ou e‑mail selon les conditions générales) décrivant : date, circonstances, origine supposée (toiture, canalisation, infiltration par façade ou fenêtres), étendue des dégâts.
Joignez vos photos, vidéos, devis de remise en état, état estimatif des pertes (mobilier, peintures, sols, etc.).
L’assureur doit ensuite évaluer les dommages : cette évaluation peut se faire de gré à gré (sur la base de devis) ou via une expertise amiable (expert missionné par l’assureur, voire expert amiable choisi par vous).
L’évaluation doit être engagée rapidement : la Commission des clauses abusives recommande que l’assureur soit en mesure de faire une offre d’indemnisation dans les quatre mois suivant la déclaration de sinistre ou la réclamation chiffrée.
Si vous estimez l’offre insuffisante (montant, vétusté appliquée, travaux non pris en compte), vous pouvez la contester ; le juge peut contrôler la justification du coefficient de vétusté retenu.
4. Quand faire intervenir un expert indépendant ?
En présence de désordres importants ou persistants (infiltrations récurrentes, humidité généralisée, plafonds ou façades fissurés, sous-sol durablement inondé), il est souvent utile de recourir à :
Un expert amiable choisi par vous, pour :
déterminer les causes techniques (malfaçon, défaut d’étanchéité, erreur de conception, absence de drainage, etc.),
chiffrer précisément les travaux nécessaires,
établir un rapport pouvant servir devant les tribunaux.
Une expertise judiciaire (via une procédure en référé devant le tribunal judiciaire), lorsque le litige est sérieux ou que plusieurs intervenants se renvoient la faute (constructeur, vendeur, syndic, assureurs, voisins).
En matière de police dommages-ouvrage, les textes imposent une procédure stricte : l’assureur doit, dans un délai de 60 jours à compter de la déclaration de sinistre, notifier sa décision sur le principe de la garantie, après expertise.
S’il ne respecte pas ce délai, il est déchu du droit de contester sa garantie, notamment sur le caractère décennal ou non des désordres.
5. Comprendre la garantie décennale des constructeurs
Lorsque l’on parle de malfaçons construction Toulon, la question de la responsabilité décennale se pose immédiatement.
Selon l’article 1792 du code civil (rappelé dans de nombreuses décisions), tout constructeur d’un ouvrage est responsable, pendant 10 ans à compter de la réception, des dommages qui :
compromettent la solidité de l’ouvrage, ou
le rendent impropre à sa destination.
Les tribunaux considèrent comme relevant de cette garantie, notamment :
des infiltrations importantes et durables (murs, sous-sol, garage, pièces d’habitation) ;
des problèmes d’étanchéité (toiture, terrasses, façades, fenêtres) entraînant humidité, moisissures, dégradations des revêtements ;
des désordres créant un risque pour la sécurité des personnes (chute de revêtements de façade, déformation de faux plafonds, etc.).
En revanche, de simples défauts esthétiques ou des fissures non infiltrantes, qui ne nuisent pas à l’usage normal de l’ouvrage, ne suffisent pas à mettre en jeu la garantie décennale.
Conséquence pratique pour un particulier :
Si les infiltrations et dégâts rendent certaines pièces inhabitables (par exemple, un sous-sol aménagé en cuisine ou bureau inondé, ou un logement dont les murs sont saturés d’humidité), on peut soutenir que la maison est impropre à sa destination et engager la responsabilité décennale du constructeur (maître d’œuvre, entreprise, etc.).
Le constructeur devait en principe être couvert par une assurance de responsabilité décennale obligatoire (C. assur., art. L. 241-1) ; son assureur est alors appelé en garantie.
6. Assurance dommages-ouvrage : un levier puissant pour l’acquéreur
En cas de construction récente (maison neuve ou importante rénovation), une assurance dommages-ouvrage (DO) a pu être souscrite avant le chantier.
Cette assurance a pour objet de préfinancer rapidement les travaux de reprise des dommages de nature décennale, sans attendre qu’un tribunal désigne les responsables.
L’assureur DO doit respecter une procédure en trois temps (accusé de réception, expertise, offre d’indemnité) dans des délais stricts.
S’il accepte la garantie dans les 60 jours, il ne peut plus, par la suite, contester le caractère décennal des désordres : on parle d’effet cliquet.
Tous les dommages matériels et immatériels consécutifs aux désordres de l’ouvrage doivent alors être réparés.
Pour l’acquéreur d’un bien couvert par une DO, il est donc crucial de déclarer le sinistre dans les délais et de veiller au respect de la procédure, éventuellement avec l’assistance d’un avocat droit immobilier Toulon.
7. Les vices cachés : quand le problème existait déjà lors de la vente
Si vous avez acheté une maison ou un appartement à Toulon ou dans le Var et que vous découvrez, après la vente, des infiltrations graves ou un sous-sol inondable, la question des vices cachés se pose immédiatement.
L’article 1641 du code civil prévoit que le vendeur doit garantie des défauts cachés de la chose vendue qui :
la rendent impropre à l’usage auquel on la destine, ou
diminuent tellement cet usage que vous ne l’auriez pas achetée, ou à un prix moindre, si vous les aviez connus.
La jurisprudence rappelle que :
Lorsque le défaut empêche l’usage normal du bien, l’action en garantie des vices cachés est l’unique fondement possible de la demande de l’acheteur (et non l’obligation de délivrance conforme).
Par exemple, des infiltrations d’eau qui font obstacle à une utilisation normale de pièces aménagées en habitation (cuisine, bureau au sous-sol) constituent un vice caché si l’acheteur n’en avait pas connaissance.
Un vice apparent n’est pas seulement ce que l’on voit lors d’une visite : c’est un défaut dont l’acquéreur pouvait apprécier la portée.
Si l’acheteur n’a pas pu mesurer l’ampleur et les conséquences (par exemple, un « dégât des eaux actif » mentionné mais dont la gravité réelle n’est pas expliquée), la Cour de cassation adopte une position favorable à l’acquéreur : le vice peut rester qualifié de caché.
En pratique, si vous découvrez après l’achat une humidité ancienne et importante, affectant à la fois les parties privatives et les parties communes, liée à une toiture ou une façade défaillante, vous pouvez agir contre le vendeur sur le fondement des vices cachés, sous réserve de respecter les délais de l’article 1648 du code civil (délai de deux ans à compter de la découverte du vice).
8. Dol et réticence : quand le vendeur a sciemment caché le problème
Même si l’action en garantie des vices cachés est prescrite, il reste parfois possible d’agir sur un autre terrain : celui du dol ou de la réticence dolosive.
La Cour de cassation a jugé que :
L’action en garantie des vices cachés n’est pas exclusive d’une action en responsabilité extracontractuelle pour dol (réticence dolosive) commis avant ou lors de la conclusion du contrat.
Concrètement, si le vendeur a volontairement passé sous silence de graves désordres (infiltrations, structure défaillante, inondations récurrentes du sous-sol), il peut engager sa responsabilité sur le fondement de l’article 1240 du code civil, indépendamment de la garantie des vices cachés.
L’intérêt est également pratique : l’action en responsabilité pour dol relève de la prescription quinquennale de droit commun (article 2224 du code civil), souvent plus favorable que le délai de deux ans de l’article 1648 pour les vices cachés.
Dans ce type de dossier, l’intervention d’un avocat infiltrations Toulon est essentielle pour qualifier juridiquement les faits (vice caché, dol, défaut d’information, etc.) et choisir la stratégie la plus efficace.
9. Responsabilité du constructeur, du vendeur, du syndic : qui est responsable ?
Selon l’origine des dégâts des eaux Var, plusieurs responsables potentiels peuvent être mis en cause :
Le constructeur / entrepreneur / maître d’œuvre
Sur le fondement de la responsabilité décennale (article 1792 C. civ.) si les désordres sont d’une gravité suffisante (solidité ou impropriété à la destination).
Sur le fondement de la faute contractuelle (travaux mal exécutés, absence de vérification, non-respect des règles de l’art, défaut de surveillance du chantier).
Le vendeur (ancien propriétaire)
Sur le fondement de la garantie des vices cachés (articles 1641 et s. C. civ.).
Éventuellement sur le fondement du dol ou de la réticence dolosive s’il a délibérément dissimulé un vice.
Le syndic de copropriété
Si les infiltrations proviennent des parties communes (toiture, façades, canalisations verticales, planchers), la responsabilité du syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic, peut être engagée pour défaut d’entretien ou de travaux.
L’acquéreur peut alors demander la prise en charge des travaux sur les parties communes et, selon les cas, une indemnisation de son préjudice (perte de jouissance, travaux dans les parties privatives).
L’agent immobilier
Sa responsabilité contractuelle peut être engagée s’il a manqué à son devoir d’information, de conseil ou de vérification (par exemple, s’il connaissait l’existence d’un « dégât des eaux actif » ou de désordres récurrents et ne les a pas clairement portés à la connaissance de l’acheteur).
L’identification du bon responsable est souvent complexe, surtout lorsque plusieurs intervenants sont en cause ; d’où l’intérêt d’être assisté par un avocat droit immobilier Toulon connaissant bien la pratique locale (constructeurs, pratiques des compagnies d’assurance, spécificités des sols et des bâtis dans le Var).
10. Quand et pourquoi consulter un avocat ?
Vous avez tout intérêt à consulter un avocat infiltrations Toulon dès que :
les dégâts sont importants ou récurrents ;
l’assureur tarde à répondre ou propose une indemnisation manifestement insuffisante ;
le constructeur, le vendeur ou le syndic minimise le problème ou se renvoie la responsabilité ;
vous envisagez d’engager une expertise judiciaire ou une action en justice (décennale, vices cachés, dol, responsabilité du syndic, etc.).
Un avocat pourra notamment :
analyser votre contrat d’assurance (habitation, dommages-ouvrage, CNR, etc.) et les garanties mobilisables ;
vérifier si les désordres relèvent de la garantie décennale ou d’une simple responsabilité contractuelle ;
apprécier l’opportunité d’une action en vices cachés ou en dol contre le vendeur ;
vous assister lors des expertises amiables ou judiciaires, pour défendre vos intérêts techniques et juridiques ;
chiffrer et réclamer l’ensemble de vos préjudices (travaux, perte de jouissance, troubles de jouissance, frais annexes).
11. Conclusion – Ne restez pas seul face aux infiltrations : faites-vous accompagner
Une maison qui prend l’eau n’est jamais une fatalité juridique. Entre assurance habitation, dommages-ouvrage, garantie décennale, vices cachés, responsabilité du vendeur, du constructeur ou du syndic, plusieurs leviers existent pour faire réparer, indemniser et sécuriser votre patrimoine immobilier.
Si vous êtes confronté à des infiltrations, dégâts des eaux ou malfaçons construction Toulon ou dans le Var, il est essentiel d’agir méthodiquement : constater, conserver les preuves, déclarer rapidement le sinistre, faire expertiser, puis, si nécessaire, engager les actions adéquates.
Pour être conseillé de manière personnalisée et défendre efficacement vos droits, vous pouvez contacter Maître Sofian GARA‑ROMEO, avocat droit immobilier Toulon, intervenant régulièrement en matière d’infiltrations, dégâts des eaux et malfaçons dans tout le Var.
Avant d’engager toute démarche judiciaire, n’hésitez pas à consulter Maître Sofian GARA-ROMEO, avocat spécialisé en droit immobilier et urbanisme à TOULON, qui saura vous conseiller et défendre vos intérêts.
Pour plus d’informations sur ces problématiques, consultez notre page dédiée à l'IMMOBILIER et aux VICES CACHES.


